Ce que nos enfants nous rappellent sur notre propre rapport au mouvement

Par Dominique Vanasse

Miroir, miroir, dis-moi pourquoi je ne bouge pas..!

Belle communauté, enchantée! Je me présente, Dominique, une femme de 46 ans, mère de 2 filles de 9 et 20 ans, et une passionnée qui aime surtout aider.

Avec cet article, je vais explorer avec vous le mouvement, nos freins, l’exemple que l’on donne à nos jeunes, et voyons où ça va nous mener!

On le sait, les études en parlent souvent, l’adolescence est une période de transition importante chez nos jeunes et nous avons notre rôle à jouer pour leur permettre de s’épanouir pleinement. Comme on dit, la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre et en regardant nos enfants évoluer nous avons accès à un miroir vers nous-même, qui nous permet de travailler nos zones d’ombre afin de les aider à voir leur propre lumière.

Ce sont des vases communicants! Plus nous sommes à l’aise avec notre corps, notre relation au mouvement, notre capacité à prendre du temps pour nous, … plus nous leur envoyons le message que c’est la base normale pour se sentir bien au quotidien.

Facile? Non pas du tout.
Possible? Oui.
Comment? Explorons ça ensemble.

Ce que plusieurs femmes reconnaissent d’elles-mêmes chez leur fille

Personnellement, je revois mon enfance, j’ai fait beaucoup de natation compétitive jusqu’à l’âge de 12-13 ans, et dès la puberté j’ai assez rapidement délaissé le sport pour me concentrer sur des activités plus artistiques, plus de temps dans ma chambre, je m’isolais dans mon monde. J’étais en surpoids, ma mère me le mentionnait régulièrement, et je m’enfonçais. C’était une autre époque, nos parents étaient moins sensibilisés à l’importance d’une image corporelle positive, et c’est pour ça que maintenant nous avons de meilleurs outils comme parents pour donner un exemple positif à nos enfants.

Je le vois avec ma fille de 20 ans qui commence à se remettre en mouvement. Elle m’a vue redevenir en forme, prendre du temps pour moi, et ensuite reprendre une pause pour plein de mauvaises raisons comme le manque de temps ou de motivation, la charge mentale du quotidien. L’histoire se répète parfois! Et c’est là qu’on peut se regarder dans le miroir et se dire… Ouin, je devrais m’y remettre pour moi, pour elle, pour nous deux, mais surtout pour moi. On s’oublie trop souvent! Et je n’ai pas d’excuse autre que de me dire « Peut-être demain?! ».

« En la regardant chercher sa motivation, j’ai reconnu plusieurs de mes propres hésitations. »

Nos enfants n’ont pas besoin de nous voir parfaites. Ils ont surtout besoin de nous voir prendre soin de nous, recommencer après une pause, essayer malgré les obstacles. C’est là qu’on peut reprendre notre pouvoir sur nous-même, et se prioriser, se remettre en action.

Je le fais pour moi, et ça se répercute positivement sur elle. Tout le monde gagne!

Pourquoi tant de jeunes décrochent du sport?

On ne se cachera pas qu’il y a un lien fort entre l’image de soi et l’activité physique de nos adolescents. Les changements corporels, les médias sociaux qui mettent de la pression en montrant une réalité stéréotypée, plein de facteurs qui fragilisent et rendent mal à l’aise ceux et celles qui ne correspondent pas au moule.

Souvent, les filles veulent perdre du poids, et les garçons gagner de la masse musculaire. Ils n’ont pas tous une image corporelle saine, et ont tendance à le faire par pression sociale, ou par peur du jugement.

Ils ont davantage envie de s’isoler que de s’ouvrir et de s’accepter. Et de mauvais réflexes comme sauter un repas (ou se gaver de protéines chimiques) vont devenir de mauvaises habitudes qui vont les éloigner de se sentir bien avec leur corps. Et quand on ne se sent pas bien avec son corps, on bouge moins, et le cercle vicieux s’installe.

À la puberté, l’écart entre le nombre de filles et de garçons qui demeurent actifs se creuse, et près de la moitié des filles abandonnent l’activité physique sur une base régulière. Source

Déjà, j’imagine que vous reconnaissez certains de vos enfants, ou vous-même (le miroir)!!

Nous devons donc les aider à développer une relation saine avec leur corps, en leur montrant des exemples concrets de personnes qui se sentent bien dans leur peau, sans que ce soit relié à leur poids ou à leur silhouette. Il faut les inciter à sortir, multiplier les occasions de bouger tout en s’amusant, et les encourager pour chaque petit pas dans la bonne direction.

Cette prise de conscience est aussi une belle occasion de repérer nos propres freins, encore aujourd’hui, comme femmes.

Le sport de performance n’est pas fait pour tout le monde, et c’est correct!

Bouger davantage ne veut pas dire se mettre de la pression excessive, au contraire. Il faut commencer par trouver une activité plaisante, et se laisser prendre au jeu en augmentant la cadence graduellement. Il faut que ça devienne naturel, d’autant plus que quand on met de la pression sur nos jeunes, ils ont tendance à faire le contraire 😉

Il faut surtout respecter la personnalité de chacun. Certains aiment compétitionner, d’autres préfèrent les sports individuels, il faut simplement trouver un environnement qui leur corresponde et les aider à commencer. Chaque petit pas compte, et la clé est de transformer l’intention en action, sans pression!

Une relation au mouvement qui se construit tôt

Revenons à l’importance du plaisir, comme celui qu’on a naturellement quand on est dans la petite enfance. Une activité qu’on aime a beaucoup plus de chances de faire partie de notre vie qu’une activité qu’on s’impose. Un enfant ne se pose pas de questions de performance, il ne cherche pas à corriger quelque chose. Il joue, il s’amuse, il reproduit.

À l’adolescence, les questionnements arrivent, le corps change, les messages véhiculés par la société commencent à affecter la confiance en soi. Certains jeunes vont s’isoler et l’activité physique ne sera plus un jeu, mais une occasion de se sentir jugés, pas assez en forme, pas assez parfaits. Le sport n’est plus amusant, mais devient une punition ou une pression.

Se réconcilier avec le mouvement, ensemble

Pour que le mouvement redevienne plaisant, il faut prendre un angle différent. Le faire pour se sentir bien.

Peut-être qu’elles ont surtout besoin de nous voir nous donner la permission de le faire nous aussi. Sans pression. Sans culpabilité. Sans objectif de perfection.

Encore mieux, pourquoi ne pas faire une activité physique ensemble, et développer une routine mère-fille?

Pour ma part, c’est ce que je compte faire. À quelques reprises dernièrement ma jeune adulte m’a fait part qu’elle aimerait essayer la boxe. J’aime l’idée! Je dois me débarrasser du vieux réflexe de remettre à plus tard. Cette belle activité va nous sortir de la zone de confort, ensemble, et nous donner des souvenirs très positifs en plus des courbatures!

Transformer la motivation externe en motivation intrinsèque

La motivation, il faut la voir comme une roue qui n’a pas bougé depuis longtemps qui a accumulé de la poussière. Au départ, ça prend beaucoup plus d’efforts pour lui donner un élan et la faire tourner. Les premiers tours sont raides, la roue coince, et plus elle roule, plus elle génère une énergie qui se réutilise à chaque tour. Et après quelques tours, l’élan rend le tout plus facile, moins d’effort est requis pour chaque tour, et elle semble rouler presque toute seule.

Comme parent, nous avons la possibilité de fournir une motivation externe, d’aider à trouver une activité plaisante, de fournir les équipements requis, et surtout d’encourager le premier tour de roue, et le 2e, et ainsi de suite jusqu’à ce que la roue tourne facilement. C’est là que la motivation intrinsèque s’installe!

Tout le monde gagne quand notre regard sur l’activité physique change

Si on revient à notre question du départ, comment transmettre le message que l’activité physique est un merveilleux outil pour se sentir bien au quotidien?

En se posant soi-même la question : Et moi, comment savoir si je me sentirais mieux en bougeant davantage?

La réponse arrive naturellement. En faisant moi-même un premier tour de roue, en écoutant le besoin exprimé par ma fille de 20 ans, et en planifiant dans nos calendriers cette fameuse séance d’introduction à la boxe. Un rendez-vous santé pour moi, avec elle, sans pression de performer. Juste s’amuser ensemble, avoir chaud, rire de nos imperfections, et laisser le reste se placer naturellement en donnant un peu d’élan à la roue.

Et je suis persuadée que ce sera un exemple très positif sur ma plus jeune aussi. Elle aime courir et fait le marathon pour enfants à Montréal depuis quelques années, je vais lui proposer de courir avec elle pour se préparer à celui qui s’en vient!

Le début de quelque chose de grand!

Chère lectrice, j’espère t’avoir aidée à mieux comprendre comment ta propre motivation aura un impact plus que positif sur tes enfants pour cultiver une image corporelle positive.

N’oublie pas que le plaisir de bouger est souvent le moteur le plus durable pour rester active à long terme.

Je te souhaite de trouver ce qui te fera du bien, à toi, tout en donnant un tour de roue à tes enfants. Vous allez ensuite vous nourrir mutuellement de cette lancée.

Passe un bel été, et à suivre!
Dominique

FAQ: réponses rapides à tes questions

Pourquoi les adolescents abandonnent-elles souvent le sport?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le décrochage sportif à l’adolescence : les changements corporels liés à la puberté, la peur du jugement, le manque de confiance en soi, la pression de performance ou encore le sentiment de ne pas être « assez bon ». Pour plusieurs, ce n’est pas le mouvement qui pose problème, mais l’environnement dans lequel se pratique une activité.

Comment aider mon enfant à retrouver le plaisir de bouger?

La meilleure approche consiste souvent à mettre l’accent sur le plaisir plutôt que sur la performance. Encourage-la à explorer différentes activités, à bouger avec des amis ou en famille, et à choisir ce qui lui procure du bien-être. Plus une activité est associée à une expérience positive, plus elle a de chances de devenir une habitude durable.

Comment favoriser une image corporelle positive chez les adolescentes?

Les jeunes filles développent leur image corporelle à travers les messages qu’elles reçoivent de leur entourage, des médias et des réseaux sociaux. Comme parent, il est utile d’éviter les commentaires centrés sur le poids ou l’apparence et de valoriser plutôt la force, le plaisir, les capacités et le bien-être que procure l’activité physique.

Quel rôle joue une mère dans la relation de ses enfants avec le sport?

Nos jeunes apprennent beaucoup par l’observation. La façon dont une mère parle de son corps, de l’activité physique, du repos ou de la performance influence souvent la perception de sa fille ou de son garçon. Montrer qu’on prend soin de soi, qu’on bouge pour se sentir bien et qu’on accepte ses imperfections est souvent plus puissant que n’importe quel discours.

Comment développer la motivation à bouger chez nos adolescents?

La motivation se construit progressivement. Au départ, une motivation externe comme l’encouragement d’un parent ou la découverte d’une nouvelle activité peut être utile. Avec le temps, lorsque l’adolescent ressent du plaisir, de la fierté ou du bien-être, une motivation intrinsèque s’installe naturellement.

Quels sont les bienfaits de l'activité physique sur l'estime de soi?

L’activité physique contribue au développement de la confiance en soi, du sentiment de compétence, de la gestion du stress et du bien-être général. Lorsqu’elle est pratiquée dans un contexte positif et sans pression excessive, elle peut devenir un puissant levier pour renforcer l’estime de soi chez les adolescents.

Comment bouger en famille sans créer de pression?

L’idéal est de privilégier des activités simples et agréables : danse dans le salon, marche, vélo, randonnée, baignade ou découverte d’un nouveau sport. L’objectif n’est pas la performance, mais le plaisir de passer du temps ensemble tout en étant actif.

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